Partager l'article ! POESIE: HORIZONS Pour Alain mon pote Regardant l'horizon d'un ciel bleu d'été, Les pieds reposa ...
Pour Alain mon pote
Regardant l'horizon d'un ciel bleu d'été,
Les pieds reposant sur un sable parsemé
D'un jaune tout fissuré des siècles traversés,
L'esprit vagabondant sur les vagues, bercé
Par la brise calmante de ce mois de juillet,
Le soleil déjà décidé à percer
Les mystères cachés de ces gens en congés,
Je me dis que c'est beau une plage ensoleillée.
J'aurai pu partir dans des lieux ombragés,
En rêvant d'aventures, d'antiques chevaliers
Chevauchants leurs montures, fidèles destriers,
Ma tête posée sur un chêne déraciné
Ou bien assis devant un film à la télé
Ou encore à goûter un excellent café.
J'étais heureux de voir un nouveau monde passer
Devant mon corps assis sur ma chaise à rouler
Que tantôt, il faudra avant que la marée
Ne caresse mes deux pieds dénaturés,
Emmener avec moi vers ma destinée.
Sortant d’un restaurant
En prenant dans ma main
La main de l’invitée,
Dans ses yeux regardant
Tout en rongeant mon frein,
J’y ai vu l’honnêteté,
Un fond de l’œil charmant
Avec un petit rien
De celle qui bouleversée
Y verrait un amant.
Nous étions fatigués
Et dans le cœur pourtant
Se lisait le refrain
D’un air déjà joué,
D’un amour naissant
Et plein de lendemains.
Un beau soir,... J’ai osé !
LA LUNE SUR LE FIL
Les ombres gigotent
Délicatement floues
Et vont me faire danser
Sur deux fils et deux notes.
Au loin sonnent les cloches,
Les nuages s’ébrouent,
Je me sens isolée
Comme au fond d’une poche
Et pourtant je m’accroche
A l’espoir un peu fou
Qu’un appel hululé
D’une chouette un peu sott
Sûrement d’ailleurs dévote
Ne lance à son hibou
Un cri désespéré
Qui donne la tremblote
Au fil qui ballotte,
Et qui ainsi dénoue
L’équilibre gêné
Du jour qui s’approche.
Les nuages s’effilochent
Les fils se font mous
Le ciel devient bleuté
Le jour va se lever.
J’ai du mal à le voir
Ce promeneur isolé
Est-ce que lui m’aperçoit
Au fond de la trouée
Mais comment le savoir ?
Est-ce que si je bougeais
Au fond de ce trou noir,
Le coin ensoleillé
Dans lequel je festoie
Me ferait remarquer
Dans l'anneau de ce bois
Par cet homme aveuglé ?
CLOCHER DE SOLRE LE CHÂTEAU
Le coq dans les nuages
Un jour un peu penché
Sur robe de mariage
L’on m’a dit de rester
La tête vers le village.
Et depuis fort peiné
J’ai douleur de l’ardoise
Sur l’un de mes côtés.
Il me tire le faîtage.
Il paraît restauré
Selon qu’on me regarde
De face ou bien de biais
Le temps était au bon
Soudain sur les chardons
Se pose un papillon
J’observe les yeux ronds
Posés sur ses ailerons
D’insecte vagabond
Couverts comme les poissons
D’écailles, serrées, marrons
Il s’envole le fripon
Laissant sur l’émulsion
L’image d’une vision
Fatigué de chercher
A travers les champs
J’ai failli arrêter
Et oublier le temps
Au bord des champs de blé
Où l’on trouvait autant
De ronces que de bleuets
Quand le cœur a choisi
De regarder la vie
Il constate, effrayé
Que le temps est passé
Et que, déjà vieilli
Tassé et avachi,
Il reste au fond des yeux
La lueur de l’envie.
Car un cœur esseulé
N’accepte pas l’aveu
Du reflet de l’ennui
Des années écoulées.
Du bout de son silence il crie
Accroché par le temps, il nie
Faisant comme si de rien n’était
Il laisse le temps s’écouler
Noyé au cœur de sa folie.
Conscient de l’état aujourd’hui
De son regard morne et peureux
Posé, surpris et interdit
Sur le reflet de son portrait
Il plonge au fond de ses yeux bleus
Il hurle rageur,...C’est fini !
Je laisse courir, je laisse couler,
Je veux sortir dans les dancings,
Je souhaite partager mon lit
J’espère que les futures années
Seront des effaces pensées,
Des gommes pour les mauvaises nuits
Des câlins et des sucreries.
Je veux que dès demain, heureux,
Le regard du voisin, surpris
Se pose comme sur un nouveau né
Qui, s’agitant ferait « ARREU »
Que le soleil chasse la pluie
Car mon sommeil est terminé.
Je m’habille d’un rien
Pour laisser entrevoir
Les richesses cachées
Le long de mes chemins
Du pays d’Avesnois
Venez, venez, venez,
Entrez fouler un brin
Sans crainte de décevoir
Les pouces nouvelles nées
Sortant de mes terrains
Et faites semblant de croire
Que c’est déjà l’été.
Depuis toujours, du fond des âges je suis la femme
Heureuse de porter en moi le fruit de l’Amour.
J’ai la certitude d’être le seul pivot
De la famille, mais aussi, je suis unique.
Je suis celle qui a fait la vie, la flamme
De toutes les espérances et de tous nouveaux jours.
Je refuse à jamais d’accepter le fardeau
D’être autre que je suis ou d’être moins pudique.
Je retiens de mes songes depuis des millénaires
Combien il faut d’amour pour que de mère en mère
Et puis de mère en mère pour porter tous les pères
Et combien nous les femmes, pouvons en être fières.
Il manque au bonheur de satisfaire l’âme
Que nous a donnée Dieu qui reste souvent sourd
Aux appels de nos cœurs déchirés mais dévots
Qui de temps à autre de leurs cris revendiquent
Le droit d’être autre chose que le tissage de trames
Qui fait monter si haut cette imprenable tour
Créée de toutes pièces par des hommes si faux
Qui font de nos idées une problématique.
Il faut le reconnaître, ils sont irresponsables,
Car demain, si nous, femmes, tout comme il est probable,
Nous restions les DIVA d’un cycle immuable,
Nous serions des nations l’assise incontournable.
REGARDS SUR LES PENSÉES
D’UNE MÈRE.
Elle est mon seul enfant
Portée avec Amour
Malgré tous mes soucis
J’ai oublié longtemps
Que ma taille et son tour
Ont fait une courte vie
Au cœur d’adolescente
Qui avait vu le jour
Pour sombrer aussi vite
Dans l’enfer permanent
D’un monde complètement fou.
Les coutumes et les rites
Dépassant l’entendement
J’ai senti le dégoût
De celles qui asservies
Refusent obstinément
Les voies à sens unique
Sans un contournement
Qui pourrait faire de nous
Une source d’envie.
Un jour, à Dix Huit Ans,
Ma fille repue de tout
Sans rien dire est partie
Sans me laisser le temps
De mettre bout à bout
Les Grands et les Petits
Bonheurs qu’en d’autres instants
Dans la chaleur douce
Était notre édifice
Créé en oubliant
Combien les enfants poussent
Et deviennent fragiles.
PREMIÈRES NOCES
Verts de gris et de capes
Ils sont vêts d’ombres flottantes et de brumes
Jamais ils ne virent l’étape
Ni la fin de l’escale, elles étaient toutes brunes.
Ensembles, ligotées, liens
A faire mal aux sangs, sans espoir de rebours
Vies, regards
Amour des siens
Tristes destins, fusils, coups de crosses, tambours
Dix mille regards tristes. Volent les bombes.
Cent mille barres blanches gisent, croisées au sol
Jeux mesquins
Traces de pistes.
Le ciel se noircit, d’obscurs pressentiments s’envolent.
Vole colombe.
Et puis les nuées d’armes.
L’absence de souvenirs et de vies.
Ils convolent en déposant leurs larmes.
Deux anneaux les unissent
Serrés l’un face à l’autre
Et c’est le nœud qui glisse
Et c’est Judas l’apôtre,
il bâtit des symboles,
il construit des églises
il y perçoit l’obole
et signe et persiste
Un jour j’irai poser
Sur ce banc isolé
Certaines de mes idées
En pensant quel dommage
D’attendre le grand âge
Pour faire ce babillage
Un jour j’irai causer
Sur ce banc retiré
Avec les trépassés
J’irai tourner la page
Au nom d’un vieil adage
Le cœur plein de rage
Un jour j’irai pleurer
Sur ce banc usagé
Mes yeux déjà levés
Sur le dernier étage
Du clocher du village
Vers de sombres nuages.
Coup de griffe
Un chat sommeille sur son couffin
La tête sur ses pattes croisées
Rêvant probablement au matin,
Il se prépare à s'étirer.
Dans l'air circule le parfum
D'une barquette déposée
Dans son plat avant le bain
De sa maîtresse bien aimée.
Un chat sommeille sur son couffin
Lorsqu'un choc ou bien un bruit
Le rend d'un caractère chagrin
Après une aussi bonne nuit.
Il entrouvre deux grands yeux bruns
Et voit quatre pattes passer,
Celles de son voisin le chien,
Cette mule, ce gardien pucier.
Un chat sommeille sur son couffin
En rêvant du prochain été,
Lorsque le chien pucier malin
Se jette sur le chat dégoûté.
Ils se mordent jusqu'à plus fin,
Ils se griffent jusqu'à peler
Lorsqu'un pas s'approche enfin
Pour mettre fin à la mêlée.
Un chat sommeillait sur son couffin,
La tête sur ses pattes croisées,
Il rêvait à un chien mâtin
Il y a dans la vie quatre étapes à passer
La naissance attendrie, la jeunesse dorée
La sagesse infinie ainsi que le décès
Et chacun d’entre nous ne peut y échapper
La nature qui reprend tout ce qu’elle a donné
Te dit par mille indices de ne pas l’oublier
Car, il y a tant de choses si tu veux regarder.
L’arbre si fort, si grand et si enraciné
Si haut sur son tronc, sa tête si élevée.
Les fleurs de ton jardin toutes aussi colorées
Que l’épine des chemins si souvent rencontrée.
Regarde les milliers de brins d’herbes levés,
Les bois et les forêts, les maïs en poupée
Et même sur ta fenêtre, les pensées empotées
Mais surtout, observe la tige s’étirer
Partant de ses racines profondément encrées
S’élevant vers le ciel et son épi gonflé
De ses grains de froment que tu vas consommer
Il y a dans leur parfum comme une pensée
Que tu respires chaque jour pour te réconforter
Dans chacune de ces plantes que Dieu nous a créées
Du sol où nous sommes nés, elles ont été puiser
La sagesse des êtres qui nous ont quittés.
.
Le voyageur des mers
Assis sur un cordage enroulé tel un interminable serpent élevant ses anneaux pour lui former un trône, il est immobile.
Son regard pourtant scrute l’horizon, il fixe une ligne à l’autre bout du monde, invisible pour d’autres. Du bleu de ses yeux délavés par les traversées du monde, pétillent des étoiles. Elles illuminent le ciel en montrant des chemins, chaque nuit, depuis le début des temps.
Le soleil disparaît doucement derrière les vagues écumeuses. Elles s’agitent dans un va et vient perpétuel, ne sachant se fixer, tout comme les matelots, citoyens du monde.
Les Néréides entraînent avec elles les graviers et les grains, inlassables billettes dorées, arrachées à la terre, contraintes par les marées à voyager dans le creux des océans sans jamais voir le jour.
Ainsi, après une longue abstinence de la vision du monde, le fond des océans et les failles du sol s’ouvrent à la lumière.
Alors, se font les plages repues d’un soleil outrageant. Elles sont recouvertes des excréments de l’univers pour ensemencer la vie.
Et puis, ces morceaux de silices repartent lors d’une prochaine marée d’équinoxe ou de nouvelle lune pour former les dunes et les monts des déserts d’Arabie, déformés par les vents. Et celles du Sahara, océan oublié par la mémoire des hommes.
Et ceux encore, perdus en mer d’Aral. Et ceux aussi du sablier de la vie. Ils roulent tous pour reconstruire le monde.
Le vieil homme s’appuie sur une canne façonnée en bois d’olivier d’un flou délavé par l’acide des airs. Halant le filin d’une voile imaginaire qui s’enfle, tirée par un souffle, peut-être le dernier, vers des cieux plus propices aux couleurs des îles qu’il a foulées jadis, hier pour être plus précis, il regarde les nues.
Des rides du visage, caressées par un filet de brise, il ressent les embruns, les chaleurs du soleil et les froids, ceux des vents d’Est, l’aveuglant d’un souffle céleste en annonçant les anges et ceux du Nord aussi, supportant les eaux depuis le temps des temps.
Ses cheveux se clairsèment, longs et négligés, d’un blanc de ces baleines devenues si rares et recherchées qu’il a en d’autres temps harponnées de ses fers. Une touffe, emportée par son rêve navigue à sa place, ballottée, emmêlée comme les mailles du filet s’enroulant au treuil du bateau, en haute mer, en le spoliant de ses dernières forces.
Le port est animé, les gens bavardent aux terrasses. Les cafés semblent chanter des airs qu’accompagnent les rythmes des hirondelles en frappant dans leurs voiles.
Les portes ouvertes laissent glisser des parfums de bières et d’anis jusqu’aux papilles des marins d’eaux douces circulant sur les quais en
écrasant les coquillages vidés par les mouettes malicieuses.
Le vieux marin est immobile, il n’a plus le goût. L’air le caresse et l’entoure de toute part mais ne lui apporte plus rien.
Seul un grain nouveau roule vers les grands fonds pendant que les vents partent à la recherche des voiliers fantôme, en emmenant avec eux pour se la partager, l’odeur d’un voyageur
Les nuées dessinent la barbe du marin en laissant glisser quelques embruns glauques que le regard éteint ne sait plus répartir. Et l’enfant regarde le vieil homme, le désignant du doigt, il interroge :
« Qui c’est le vieux monsieur, il dort ? »
« Oui, viens, allons visiter le musée, c’est un marin, un voyageur des mers.»
Sorti de mon sommeil par un très mauvais rêve,
Je subis mon réveil et pars en tenue d’Ève.
En foulant sous mes pieds les encore quelques feuilles
Au sol éparpillées, je vis du coin de l'œil
Quelques tas de compostes, un été refoulé,
Un automne précoce et un hiver pressé,
Une verdure fragile, mais aussi des couleurs,
Un petit vent agile et des cimes en douleurs.
Elles perdaient une à une la fierté d'être belles,
Le goût des clairs de lunes et d'espoir éternel.
Un banc se tenait seul ce matin de soleil,
Il semblait en deuil, je le sentais en veille.
En m'approchant de lui, au cœur de la coulée,
Je l'ai trouvé sans vie, tout fade et esseulé.
Comme un banc étranger que l'on connaîtrait mal,
Qui voudrait s'éloigner de quelques idées pâles.
En forçant sur mes hanches, j'ai doucement posé
Mon séant sur ses planches humides de gelée.
J'ai regardé assis un nuage égaré
Dans le ciel transit, encore un peu bleuté.
Le soleil blafard réchauffait mon corps nu,
Pourtant, comme mon regard, il ne le voyait plus.
Du bout de mes narines, j'ai humé l'air du temps
Et mon ouïe encore fine saisit un bruit rampant.
Le son se rapprochait, il venait du clocher,
Un petit groupe chantait comme une mélopée.
Et le ciel brumeux et la déclamation
Me laissèrent malheureux, plein d'incompréhension.
C'est pourquoi, hésitant, mes ongles un peu crochus
Grattèrent un coin du banc, il était vermoulu.
Mes yeux se refermèrent en laissant s'écouler
Une larme éphémère : Elle deviendra rosée.
RÉTROVISEUR
Un jour j’ai décidé
De venir regarder
Ce qui s’était passé
Dans mon dos ces années
Que j’avais ignorées.
Et voici ce que j’ai
Comme rétrovisé.
Mes amis s’en étaient
Bien trop souvent allés,
Comme cela, au pied levé
Et jamais retombés.
Sauf à jamais marqué
Par deux bois croisés
Familles éparpillées,
Les amis convolés,
Les adresses changées,
Les villes rénovées.
Les souvenirs envolés.
De moi il ne restait
Que la trace de mes pieds
Sur un monde troublé.
On s’était oublié !
BAIN DE MINUIT
Minuit un soir d’été
Sur la place ronde,
Assis à regarder
Défiler le monde.
Et des pas sur le sol,
Des voix et des rires
Des airs à grands bols,
Des regards qui se mirent.
Et puis des chocs, des sons,
Les glouglous goulus,
La mousse et les tons
Qui montent en flux tendus.
Les souliers se frottent
Contre le bitume,
Les dalles se moquent
Des crachats et des tunes.
Le flot de jambes lourdes
S’écoule dans les caniveaux,
Les jupes plissées s’ébrouent
Des pêchés capitaux.
Les lèvres délaissées
Se frottent l’une contre l’autre
Comme les regards lassés,
Elles négligent l’hôte.
Elles se collent et s’écartent
A faire pâlir d’envie
Le garçon qui s’éclate
A pleurer de dépit.
Ainsi, les chausses déchaussées
Écrasent sans ménagement
Le pied qu’on laisse dépasser
De la chaise, étrangement.
La lumière déborde le parasol
Elle tombe, froissée, lasse
De n’être pas l’idole
D’une boite de strass.
Un va et vient ne cesse
D’obséder la mégère
Blottie derrière les tresses
D’un rideau du Niger.
Et le temps s’écoule
Doucettement au fil
Des minutes lourdes
De conséquences viles.
Et les hommes et les femmes
Se bousculent, inconscients
Des signes indécents
Qui se consument comme flammes.
Et le temps se dédit,
Il me remet au pas
Estompant mon gala
Qu’il emporte avec lui.
Anges de la nuit
Ombres flottantes, sombres lumières,
Voile dont le flou matinal ère,
Lueurs des cieux comme illuminés,
Étoile scintillante et tremblée,
Tu penches doucement tes douceurs visibles
Sur mon être fragile et indivisible.
Femme du jour et du soir, l'espace temps
M’étreint et semble être comme un nouveau printemps
Car j'ai cru devoir perdre la raison
En ce soir de sombre fenaison.
Tu m'apportes avec cette autre vie
La surprise d'être le pont-levis
Entre un temps trop bref d’une vie d'espoir
Et une solitude d'encensoir.
Ange, tu veilles sur l'humanité
Comme l'énigme, la vie et la nuitée.
Discrète, attentionnée, permets au destin
De me laisser espérer chaque jour le regain
Car, au travers des brumes et des pensées craintives,
De mon esprit formé aux idées primitives
La présence douce, parfois brutale,
D'une main dure, tendre et fatale
Ne peut que rassurer un corps gisant,
Indépendant et combien dépendant.
Les réveils ainsi que leurs contours revêches,
L’espoir renaissant de cendres encore fraîches,
Les chaleurs dispensées à mon corps pantelant
Affirment mon regard en chassant Léviathan.
Les nuées grisâtres s’éclaircissent
Elles se déchirent éloignant les abysses ,
Ils s'étirent, comme un filet sur moi
Pour faire place à un bleu plein d'émoi,
Le ciel s’est entrouvert sur sa terre
En réveillant la mère de toutes les mères
Me proposant pour un nouvel éveil
En m’inondant d’un rayon de soleil
Il blanchit alors d’un halo le plat de mon front
D’une raie et d’un sillon imparfait et profond.
Ange de la nuit, ange des longues absences,
Auréolés sont tes mystérieux silences.
Hôpital de Maubeuge, décembre 2000
J'ai le cœur qui déborde
De trop plein des regards
Que laisse mon esprit
Poser sur ton corps nu.
J'ai la vie qui m'accorde
Des minutes de retard
Et encore du répit.
C'est elle qui distribue.
Le temps me semble long
Loin de tes gentillesses,
Je ne vais plus jamais
Regarder tes tableaux.
Du port tous les galions
Et nos journées d'ivresses
Sont partis et les quais
Sont trop tristes et trop beaux.
Je regarde les vitrines,
Je parle aux regrets,
Je t'ai à mes côtés
Porté par nos désirs.
J'ai les larmes faciles,
Elles tombent sur le trottoir
Que tes pieds ont foulé
En me donnant ta voix.
Mes yeux se défilent
Afin de ne pas voir
Pour ne pas oublier
Combien tu comptes pour moi.
Ils ont les bras pendants,
Regardent sans regarder
Les pierres et leurs couleurs.
L'eau fuit les amoureux.
Je crois bien que Rimbaud,
Un jour, là s'est couché
A l'ombre des grands arbres
Pour y perdre raison.
J'ai le cœur en lambeaux,
J'ai l'amour enfermé
Et si les jours palabrent,
Continuent les saisons
Si mon esprit s'enfuit
Des choses matérielles,
Mon cœur lui, prend du poids
En sachant que tantôt,
Je rejoindrai le nid
De la vie éternelle
Me rapprochant de toi
Pour prendre le même bateau.
Et le vent dans les voiles,
Aussi blancs que le jour,
Poussés par un ardent désir
Que ton corps m'inspirait,
J'approcherais les étoiles
Et si sur mon parcours,
J'y rencontre des lyres,
Je te les offrirais.
Ainsi, dans ce méat
Où j'aspire à renaître
Pour y joindre nos doigts
Dans un nouvel anneau,
Où les nuages sont rois
Et les Dieux sont les maîtres,
L'esprit y est parfois
Aussi beau que les mots.
Nous parlerons d'amour
Caressés par l'embrun
Des pluies de météores
S'enfuyant vers la terre
Nous y serons toujours
Plus heureux qu'un destin
Dont le seul trésor
Serait de tout refaire.
Son sourire est figé,
Ses dents blanches brillent,
Les lèvres écartées,
Il regarde les cimes.
Jamais il ne verra
Aussi belles images,
Jamais il ne fera
A nouveau ce voyage.
Les plaisirs de la grimpe
Ont usé ses ongles
Et les seules empreintes
Sont celles de son ombre.
Laissées par le soleil
Dont les rayons pointus
Révèlent les merveilles
De ces monts pentus.
Son sourire est figé,
Ses dents blanches brillent,
Les lèvres écartées,
Il ne voit plus les cimes.
Celles-ci sont cachées
Par les ombres froides
D'un jour qui disparaît
Comme ses sueurs roides.
Car ce corps sans vie
Du point a dévissé.
C'est celui d'un ami
Ce jour accidenté
Il reste, accroché
A la pointe du jour
Aux piques et aux rochers
Qu'il aimait tant d'amour.
Mon heure se fait attendre,
Elle n'est pas impatiente,
Elle s'écoule doucement,
Égrainant ses silences.
A chaque trémolo
De sa tige tremblante,
J'ai le cœur en sursaut,
La poitrine tombante.
Mon heure se fait attendre,
Elle est jeune et vivante,
Elle court en s'échappant
Du temps des abondances.
Et le tic et le toc
En frappant les parois
Du réveil d'un troc
Me laissent transi de froid.
Mon heure se fait attendre,
Elle s'enfuit sans espoir
De revenir me prendre
A la surprise ce soir.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||